M

Les origines historiques du padel

Retour

Les prémices du padel

Plusieurs versions existent concernant son origine. La plus ancienne ferait naître le padel en mer dans les sous-sols des navires britanniques à la fin du XIXème siècle. Les rames servant à frapper la balle et les conteneurs des bateaux à délimiter l’espace de jeu. Un jeu dérivé du tennis destiné à distraire les passagers qui donnera finalement naissance à deux autres sports de raquette : le Paddle tennis et le Platform tennis.

En 1898, le révérend Franck Beal, secrétaire du Community Council de New York, décide de réduire les dimensions du court de tennis, de supprimer les couloirs et d’utiliser une balle plus molle afin d’enseigner cette activité aux jeunes enfants. C’est un succès immédiat. Grâce à sa simplicité, le Paddle tennis séduit les jeunes comme les adultes pour se développer notamment dans les quartiers modestes. Etape initiale dans l’apprentissage du tennis, il devient un sport à part entière. On le pratique en double et en extérieur, donc le plus souvent en été. Le premier tournoi officiel est organisé en 1922. L’année suivante, les règles du Paddle Tennis sont homologuées avant que des terrains ne soient introduits dans les parcs municipaux de New York et des États voisins.

En 1928, Freseddenn Blanchardy et James Cogswell apportent des modifications à cette discipline en confectionnant un plateau de bois surélevé plat, plus facile à déneiger, et encadré par un grillage pour ainsi créer le Platform tennis. C’est à Scartsdale, un quartier chic en périphérie de New York, que ce sport de double praticable été comme hiver trouve ses premiers adeptes. La balle, nettement plus poche d’une balle de tennis, reste dans l’aire de jeu grâce aux parois grillagées faisant du Platform tennis un sport dynamique propice à la compétition. Beaucoup considèrent ainsi ces deux Américains Blanchardy et Cogswell comme étant à l’origine de la création du padel.

La naissance du padel

Aux yeux de la Fédération Internationale de Padel, le véritable fondateur du padel se nomme Enrique Corcuera. En 1969, cet homme d’affaires mexicain souhaite faire construire un court de tennis dans sa résidence d’Acapulco pour y jouer avec sa compagne, la Miss Argentine de l’époque. Problème, il ne dispose pas d’un espace suffisant. Loin d’être résigné par cette contrainte spatiale, l’ingénieux businessman aménage un lopin de terre en un « petit » court de tennis un peu spécial. Il encadre la zone de jeu avec des murs au fond et sur les côtés pour stopper l’envahissement de la végétation et surtout pour éviter de perdre les balles dans la nature. Pour ralentir la vitesse de jeu, et pouvoir jouer avec sa femme qui avait pris l’habitude de laisser rebondir la balle du fond avant de la renvoyer, il troque la traditionnelle raquette de tennis contre une raquette en bois plus petite et surtout « pleine », sans cordage. 

Cette nouvelle discipline aurait pu rester confinée dans son jardin tropical d’Acapulco et faire son bonheur, celui de sa femme et de leurs proches. Mais un événement va bouleverser le cours des choses. En 1974, il reçoit son ami, le prince espagnol Alfonso de Hohenlohe-Langenburg, à qui il propose de faire une partie. Le charme opère sur l’entrepreneur ibérique qui, totalement séduit par ce jeu vif, ludique et accessible, décide de l’importer chez lui en Andalousie et de le codifier pour faire de cette activité un sport à part entière. Il fait construire les premiers terrains au club de Marbella dès 1975 dans l’idée de transmettre son enthousiasme à la jet-set espagnole. Dans le même temps, un millionnaire argentin Julio Menditengui implante à son tour ce modèle de jeu dans son pays. En 1977, une structure voit le jour dans la ville balnéaire de Mar del Plata, au sud-est de Buenos Aires. Un nouveau sport est né, on l’appelle désormais « pádel », du latin « patella » signifiant « poêle », en référence à la forme de la raquette.

Un sport planétaire aux accents hispaniques

Accès facile, plaisir immédiat, partage et convivialité caractérisent cette activité physique de double idéale pour une pratique loisir en famille ou entre amis. Chaque jour, de nouveaux adeptes se retrouvent pour découvrir les joies d’un sport de raquette dans lequel la malice prédomine sur la force. Le nombre de clubs de padel explose et le phénomène connaît un essor rapide en Espagne et en Argentine avant de se propager dans les autres pays sud-américains. Les parties amicales de plus en plus nombreuses cèdent peu à peu la place à de petits tournois locaux, régionaux puis nationaux. En 1982, l’Uruguay accueille les premières compétitions internationales avec des joueurs, essentiellement hispanophones.

Le 12 juillet 1991, la Fédération Internationale de Padel (IPF) est fondée à Madrid. Son objectif : favoriser la croissance d’un sport universel mixte et accessible à tous les âges pour le promouvoir dans le monde entier. Cette instance dirigeante mondiale parvient rapidement à fédérer des clubs, joueurs et entraineurs pour développer la discipline et ainsi augmenter le nombre de fédérations nationales. A sa création, elle compte trois nations membres : l’Argentine, l’Espagne et l’Uruguay. Vingt ans plus tard, un véritable « boom » fait du padel un phénomène mondial. Sur tous les continents du globe, cette discipline se développe très rapidement. Début 2019, on compte pas moins de trente-huit fédérations membres. Même si un nombre exact de pratiquants est difficilement chiffrable (les joueurs occasionnels étant difficiles à recenser), on parle de près de 12 millions d’adeptes venant des quatre coins du monde.

Qui dit « sport », dit bien évidemment « compétition ». C’est aussi vrai pour le padel. Des championnats du monde sont organisés tous les deux ans depuis 1992. En 14 éditions, les deux ogres argentins et espagnols n’ont pas laissé une miette aux autres pays. Une domination sans partage chez les hommes et les femmes. Même si l’ascension du padel au niveau  pourrait bousculer cette hégémonie dans la prochaine décennie, bien que l’avance prise par les pionniers de la discipline va prendre du temps pour être comblée. En 2018, au Paraguay, la France a elle obtenu son le meilleur résultat de son histoire en finissant au pied du podium.